Dans la France de 2019, parler de Dieu est extrêmement compliqué. Pour la plupart des autochtones, Dieu est le Dieu des chrétiens, qui se décline en 3 personnes. Il s’agit donc bien d’une représentation anthropomorphe de la Divinité: Père, Fils et Saint Esprit. Déjà, cette conception est réductrice, car elle est entièrement masculine, le seul personnage féminin étant la Sainte Vierge Marie, qui en fait remplace la Terre-mère, présente dans toutes les Notre Dame de nos contrées.

Ce triple personnage Divin est présent partout, en nous où Il alimente notre part de « divin », et autour de nous où Il provoque ou laisse faire tout ce qui advient, selon Sa volonté.

Cependant, Il surveille tout un chacun, et surtout les chrétiens, pour juger si leur attitude est conforme aux lois de l’Eglise ou à la morale chrétienne.

Pour les juifs et les musulmans, ce même Dieu est appréhendé d’une façon similaire, qui nous vient de la lecture de la Bible, avec des différences provoquées par la chronologie de l’apparition des religions: Les juifs se basent sur la Thorah, l’essentiel de l’Ancien Testament, les chrétiens y rajoutent le Nouveau Testament, et les musulmans les préceptes édictés par le prophète Mahomet dans Le Coran.

A cela s’ajoutent de multiples compléments apportés par les différents personnages importants de chaque religion, les conciles et autres prises de position dogmatiques qui ont provoqué des courants, des scissions et des multitudes de chapelles.

Comme le dit le Druide Vosegus dans son éditorial de mars 2011 , il y a bien sur notre terre deux types fondamentaux de religions:

Les religions RÉVÉLÉES

Où Dieu le Démiurge transmet à des prophètes ses volontés morales et spirituelles et ses dogmes à appliquer dans leur intégralité. Il exige par exemple dans la plupart d’entre elles de convertir les non-croyants de gré ou de force, pour leur bien naturellement.

En conséquence, ces religions sont devenues à l’heure actuelle les plus nombreuses et les plus puissantes du globe, donc les plus influentes.

Dans ces religions, il n’est pas question de remettre en cause les paroles révélées, même si d’une religion à l’autre elles sont interprétées de façon souvent opposées.

Les fidèles de ces religions ont quelque peine à s’imaginer que leur Dieu est le même que celui des autres courants, même si tous constituent de fait « Les religions du Livre ». Ils ont encore plus de difficultés à admettre qu’il existe d’autres types de religions, traitant celles-ci d »animistes », avec mépris, qu’il faut absolument convertir pour les remettre dans le droit chemin de la civilisation et du progrès.

Les religions de LA TERRE, NATIVES OU DE LA NATURE

Ce sont des religions où la révélation se fait « par le spectacle de La Nature » et non par des prophètes inspirés d' »En-Haut ». La transmission, orale, se fait par la famille ou le clan, de préférence dans un lieu géographiquement identifié. Le Divin étant assimilé à La Nature, c’est-à-dire à l’Univers connu et inconnu, il ne reste qu’à interpréter les « signes » pour savoir ce qu’il est bon de faire.

Le druidisme de l’Ecole Druidique Rigantona pour sa part croit que de l’énergie primordiale incommensurable a jailli la création, dite aussi » les 3 cris de la lumière blanche » ou « les trois rais de lumière ». Le créateur démiurge, c’est-à-dire ce qui reste peut-être de l’énergie hors création, est appelé l' »Incréé » et possède un lieu exclusif de passage, le « KEUGANT ». Aucun être humain n’a pu, ne peut ni n’aura jamais la capacité d’imaginer seulement à quoi peut ressembler ni l’Incréé, ni le KEUGANT (triade 12 théologique: « Le cercle de KEUGANT où il n’y a personne sauf DIEU, ni vivant ni mort et il n’y a que DIEU qui le puisse traverser »).

Une fois établi le constat qu’aucun lien direct n’est possible avec cet Incréé, il nous reste à examiner ce qui nous reste comme possibilités:

-Le but à atteindre est le GWENVED (monde blanc) auquel on accède après avoir franchi toutes les étapes de l’évolution.

Pour nous en effet, Tout ce qui existe est une parcelle de l’énergie primordiale, donc un être vivant d’essence divine, minéraux, végétaux, animaux dont les humains, mais aussi élémentals, élémentaires,esprits de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, et bien d’autres…

Tous ces êtres sont uniques, donc de même valeur absolue et de même nécessité.

L’appartenance de chacun à La Nature lui confère des possibilités, mais aussi des Devoirs.

Nos ancêtres ont constaté qu’autour d’eux certains êtres (animaux, êtres fantastiques, rochers, sources, esprits,…) possédaient des pouvoirs puissants dont ils avaient besoin pour vivre. Ils les ont donc « déifiés » c’est-à-dire non seulement ils les ont respectés, mais ils leur ont offert des prières, des sacrifices en échanges de bons et loyaux services. Ces « dieux » de La Nature, particuliers à chaque peuple qui les vénère, ne sont pas exportables hors du clan ou de la famille, et ne concernent que ceux qui les connaissent.

Il n’y a pas de prosélytisme dans les religions de La Terre, pas de peuple élu ni de suprématie religieuse d’un clan sur les autres. Le druidisme moderne, coupé de ses racines, rend hommage aux « Grands Êtres » qu’on peut appeler « Dieux » de nos ancêtres mais n’en fait pas un dogme religieux.

druide pwill, président de l’EDR